Noël Chadaré : Boni Yayi aurait dû rester une autorité morale plutôt que de revenir en politique active
Noël Chadaré, ancien secrétaire général de la COSI-Bénin et aujourd’hui membre de l’Union progressiste Le Renouveau (UPR), a livré une analyse tranchée sur la démission de Thomas Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates.
Invité de l’émission de Matin Libre TV, l’ex-syndicaliste, devenu acteur politique, a réaffirmé ses réserves de longue date quant au retour en politique active de l’ancien chef d’État après ses deux mandats présidentiels (2006-2016). Selon Chadaré, Boni Yayi aurait gagné à préserver un rôle d’arbitre et de référence morale dans la vie publique béninoise. « Moi je ne voulais même pas le voir en politique, ça je dois vous dire », a-t-il confié, rappelant avoir exprimé directement ce point de vue à l’intéressé lors d’une rencontre en 2023.
Il reconnaît volontiers les avancées sociales du mandat Yayi, notamment l’augmentation de 25 % de l’indice salarial qui a bénéficié aux travailleurs, enseignants du primaire, secondaire et université inclus. Malgré des frictions – dont des gazages lors de manifestations –, Chadaré retient ces efforts positifs. Cependant, il estime que l’engagement partisan expose un ancien président à des conflits qui l’empêchent d’incarner un recours impartial en cas de crise politique ou sociale.
Concernant le refus de la coordination nationale des Démocrates d’entériner la démission de Yayi (annoncée pour raisons de santé), Chadaré s’exprime en citoyen : le parti devrait respecter la volonté de son leader si celui-ci souhaite se retirer. Il plaide pour un renouvellement générationnel, permettant l’émergence de nouveaux visages tout en maintenant Les Démocrates comme force d’opposition active. Pour lui, la pluralité politique reste indispensable à la démocratie béninoise.
Cette intervention souligne un débat plus large sur le rôle des anciens présidents dans la vie publique : retrait définitif ou influence discrète ? Dans tous les cas, l’expérience a montré que ces derniers devraient plutôt devenir des observateurs et médiateurs dans le paysage politique du pays.

