Présidentielle 2026 au Bénin : Des centaines de mouvements de soutien à Wadagni, mais le vrai triomphe se jouera dans la participation
À quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril, le Bénin vit une effervescence sans précédent. Partout sur le territoire, des comités spontanés, des associations de jeunes, des groupes de femmes et des cadres locaux se mobilisent pour porter la candidature de Romuald Wadagni, désigné par la coalition au pouvoir. En quelques semaines seulement, plus de 800 mouvements de soutien ont vu le jour, se multipliant comme une traînée de poudre d’un bout à l’autre du pays. De Cotonou à Natitingou, de Porto-Novo à Parakou, ces structures affichent sans équivoque leur ralliement au ministre d’État et candidat de la majorité.
Ce raz-de-marée organisationnel ne laisse guère de doute : Romuald Wadagni part largement favori dans la course à la magistrature suprême. Les observateurs s’accordent à dire que la dynamique est forte, les alliances solides et la machine de campagne parfaitement huilée. Pourtant, derrière cette vague de déclarations de soutien, un seul indicateur sera décisif pour transformer cette faveur en véritable triomphe : le taux de participation des électeurs.
Car une victoire, aussi large soit-elle sur le papier, ne sera considérée comme légitime et historique que si les Béninois se déplacent massivement pour accomplir leur devoir citoyen. Les mouvements qui fleurissent aujourd’hui ont beau être nombreux, leur utilité et leur sincérité seront mesurées à l’aune du travail concret réalisé sur le terrain. Il ne suffira pas de signer des communiqués ou d’organiser des meetings de façade. Il faudra convaincre, sensibiliser, transporter, rassurer et surtout faire sortir les citoyens des quartiers, des villages et des campagnes. Sans cette mobilisation réelle, tous ces groupements risqueraient de n’être que de simples calques : des copies sans âme, des structures vides qui n’auraient servi qu’à gonfler les chiffres médiatiques.
Les responsables de ces centaines de mouvements le savent désormais : leur crédibilité future dépendra de leur capacité à transformer l’élan virtuel en votes concrets. Chaque militant, chaque coordinateur local est appelé à devenir un véritable agent de mobilisation. Expliquer les enjeux, lutter contre l’abstention, accompagner les électeurs âgés ou éloignés, sensibiliser les jeunes et leur rappeler qu’ils sont d’office électeur à partir de 18 ans du moment où ils sont dans les registres de l’ANIP, veiller à la fluidité du processus… Voilà le vrai combat qui commence.
Romuald Wadagni lui-même sait que la force d’un mandat ne se mesure pas seulement au nombre de voix obtenues, mais à la représentativité réelle de ces voix. Un taux de participation élevé sera la plus belle preuve que la population adhère non seulement au candidat, mais au projet de société qu’il porte.
Ainsi, tandis que les banderoles et les tee-shirts aux couleurs du candidat envahissent les rues, le compte à rebours est lancé. Les mouvements de soutien ont désormais une mission claire : passer de la déclaration à l’action. Car le 12 avril, ce n’est pas seulement le nom de Romuald Wadagni qui sera inscrit dans les urnes. C’est surtout la maturité démocratique du Bénin qui sera jugée à travers le taux de participation et le déroulement paisible du scrutin. Et sur ces indicateurs-là, aucun mouvement ne pourra tricher.

