Crise des carburants : le gouvernement béninois assume ses choix
Le dimanche 18 octobre 2026, Wilfried Léandre Houngbédji, ministre et porte-parole du Gouvernement du Bénin, a livré une déclaration claire sur la situation qui prévaut dans les stations-service du pays. Dans un contexte international marqué par des tensions sur les marchés énergétiques, le responsable a tenu à expliquer la stratégie retenue par Cotonou et à formuler des demandes précises aux opérateurs du secteur.
Le ministre a d’abord insisté sur le fait que les prix pratiqués au Bénin n’ont pas connu de flambée comparable à celle observée ailleurs. « Chez nous au Bénin, les prix fixés, malgré la conjoncture internationale, n’ont pas tant flambé », a-t-il affirmé. L’augmentation qui a été appliquée reste, selon lui, « contenue dans une proportion relativement acceptable ». Il est allé plus loin en reconnaissant qu’objectivement, les autorités auraient pu décider d’un relèvement bien plus important. Ce choix n’a cependant pas été retenu. « Le Chef de l’État a souhaité que les prix n’aillent pas au niveau que la conjoncture impose », a précisé Wilfried Léandre Houngbédji.
Cette orientation politique traduit une volonté de protéger le pouvoir d’achat des ménages et des acteurs économiques. En limitant la répercussion des hausses mondiales, le gouvernement assume un coût budgétaire et une responsabilité face aux citoyens. Le porte-parole a ainsi présenté cette décision comme un acte de régulation volontaire plutôt que comme une simple réaction aux marchés.
Au-delà de la question tarifaire, le ministre a abordé un autre sujet sensible : les conditions de service dans les stations. Il a reconnu l’existence de files d’attente parfois longues et a demandé aux partenaires de redoubler d’efforts. Ces efforts doivent porter, a-t-il dit, « soit dans la rapidité du service, soit dans les approvisionnements des stations-service elles-mêmes ». L’objectif est d’éviter que les usagers ne soient obligés de patienter dix à quinze minutes ou de s’aligner sur des dizaines de mètres pour faire le plein. Cette exigence s’adresse directement aux opérateurs privés et aux structures chargées de la distribution.
Wilfried Léandre Houngbédji n’a pas cherché à minimiser les difficultés. « Oui, il y a une situation », a-t-il concédé. Mais il a immédiatement ajouté que les autorités « gèrent au mieux » et « s’en sortent au mieux ». Ce double message – reconnaissance des problèmes et affirmation de la capacité à les surmonter – vise à rassurer l’opinion tout en mobilisant les acteurs concernés.
La déclaration s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays de la sous-région font face à des tensions sur l’approvisionnement et les prix des produits pétroliers. Le Bénin se démarque par une approche qui privilégie la maîtrise des tarifs et l’amélioration progressive de la qualité de service. Les jours à venir permettront de juger si les appels du gouvernement se traduisent par des changements concrets sur le terrain. Pour l’instant, le message officiel reste celui d’une gestion volontairement contenue et d’une exigence accrue envers les partenaires de la filière.

