Transport Logistique Cotonou (TLC2) 2026 : le grand rendez-vous de la supply chain s’ouvre avec un saut qualitatif à l’ère du digital
La salle de conférence du Port autonome de Cotonou (PAC) a servi de cadre, le mardi 13 octobre 2026, à une conférence de presse majeure. Coorganisée par le magazine international Classe Export, le PAC et l’Association des consignataires et agents maritimes du Bénin (ACAM), cette rencontre avec les médias a officiellement lancé la deuxième édition du salon « Transport Logistique Cotonou » (TLC2). Attendu du 12 au 14 novembre 2026 au Palais des congrès, ce carrefour stratégique s’impose comme le catalyseur de la performance logistique et de la transition numérique dans la sous-région.
Le Bénin consolide sa position de porte d’entrée maritime incontournable de l’Afrique de l’Ouest. Face aux mutations du commerce mondial, la maîtrise des flux de marchandises et l’optimisation des corridors routiers ne sont plus de simples options, mais des impératifs économiques. C’est dans cette dynamique de performance connectée que s’inscrit la deuxième édition du salon Transport Logistique Cotonou (TLC2).
Après le coup d’essai réussi de novembre 2025, qui avait réuni 350 professionnels de 4 pays, 12 exposants et une douzaine de sessions techniques, les organisateurs passent résolument à la vitesse supérieure. Pour ce cru 2026, l’événement change de dimension : plus de 1 000 participants sont attendus, 40 exposants de premier plan et une représentativité géographique élargie à une dizaine de nations dont la France, le Togo, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Congo.
Pour les autorités portuaires, la transformation de l’infrastructure ne s’évalue plus seulement en hectares, mais en fluidité et en connectivité. Kévin Potier, directeur commercial et marketing du Port autonome de Cotonou, a réaffirmé la vision prospective du PAC. Engagé depuis 2018 dans un ambitieux plan directeur, dont la livraison complète est projetée pour fin 2027, le port opère une mue structurelle à travers dix grands chantiers de modernisation qui comprennent, entre autres, le renouvellement des quais, l’extension des capacités d’accueil et la livraison de nouveaux terminaux.
Mais le véritable saut quantique réside dans la digitalisation et la dématérialisation des processus. Devant les professionnels des médias, le directeur commercial et marketing du PAC a fait savoir que l’objectif n’est pas uniquement d’absorber des volumes massifs, mais de garantir un traitement prédictif et agile des marchandises. En interconnectant l’outil portuaire aux plateformes des partenaires logistiques, Cotonou se positionne comme une plateforme d’échanges « intelligente », capable de réduire les délais de passage portuaire et d’optimiser les coûts de rupture de charge pour l’ensemble des opérateurs.
Institutionnaliser le dialogue public-privé et fluidifier les corridors de l’Hinterland
Le succès de la première édition reposait sur la promesse d’offrir un espace de dialogue franc, inclusif et durable entre décideurs publics et opérateurs privés. Jacob Sagbohan, directeur de TLC2, a souligné que cette deuxième édition ambitionne de pérenniser ces acquis pour déboucher sur des actions concrètes. Il a dévoilé à la presse le programme des trois journées, qui s’articulera autour de thématiques cruciales à savoir : l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, la stratégie des armateurs dans la sous-région, le rôle pivot de la douane à l’ère du digital, et la traçabilité des flux sur les axes interétatiques.
Au-delà de la simple rencontre d’affaires, Jacob Sagbohan a tenu à éclairer la lanterne des médias que TLC2 2026 poursuit un objectif central et fédérateur, celui de rassembler en un seul et même lieu l’ensemble des maillons de la chaîne logistique. Qu’il s’agisse des chargeurs, des groupements professionnels, des transitaires, des transporteurs, des douanes, mais aussi des partenaires financiers (banques, assurances) et des organismes portuaires, le salon se veut une plateforme d’action.
Il a au cours de cette conférence de presse confirmé à la presse que les objectifs prioritaires annoncés pour cette édition visent à susciter des rencontres d’affaires à haute valeur ajoutée à travers un réseautage ciblé et des espaces B2B bien structurés. Il s’agit ensuite de travailler sur l’avenir des corridors logistiques régionaux et l’interconnexion intercontinentale, afin d’accompagner le passage à l’économie numérique en encourageant l’intégration de nouvelles solutions de dématérialisation et de connectivité intelligente. Enfin, le salon s’emploiera à consolider la compétitivité commerciale du corridor béninois et sa position de hub préférentiel pour les pays enclavés de l’hinterland.
Conçu pour maximiser l’interaction, l’apprentissage et le partage d’expertises, TLC2 s’articulera autour de deux conférences majeures par jour, enrichies par des sessions pratiques à savoir les conférences plénières qui vont aborder les questions de fond qui dessinent la performance du transport sous-régional. Les débats se concentreront sur la compétitivité et la sécurité des corridors interétatiques, la présentation approfondie des grands chantiers d’extension du Port de Cotonou, la dématérialisation douanière, le concept de port digital ainsi que l’analyse des stratégies de déploiement des grands armateurs mondiaux en Afrique de l’Ouest. Il sera question également des ateliers pratiques et Master Classes. Ce, grâce à des modules immersifs, ils permettront aux cadres et gestionnaires logistiques de s’approprier les dernières innovations technologiques, les évolutions réglementaires régionales, ainsi que les bonnes pratiques en matière de gestion des risques et d’assurance des marchandises. Et enfin un espace d’exposition et les rencontres B2B.
Ils offriront à travers tout ceci un cadre d’affaires permanent propice à la négociation, à la présentation des solutions logistiques de demain et à la conclusion de partenariats commerciaux stratégiques.
Pour cette édition, un accent tout particulier sera mis sur la desserte des pays enclavés de l’hinterland (Niger, Burkina Faso, Mali, Tchad), pour lesquels le Bénin déploie des infrastructures dédiées, à l’instar du nouveau Parking Zongo opérationnel depuis mai dernier. Preuve de cette volonté de rationalisation sectorielle, le traditionnel Livre Blanc cède sa place cette année au lancement de la revue bimestrielle « Cotonou Trade and Logistics ». Ce magazine, dont le premier numéro paraîtra le 1er janvier 2027, servira de support officiel de restitution pour porter les recommandations stratégiques du salon directement auprès des hautes instances décisionnelles.
Le maillage communautaire et la synergie par le sport
La performance logistique ne peut se concevoir sans une synergie humaine et sectorielle forte. Gildas ATINDEHOU, président de l’ACAM et directeur général de OMA Group, a réaffirmé devant les micros et caméras l’engagement indéfectible des consignataires et agents maritimes à fortifier l’écosystème portuaire national. Cette solidarité interprofessionnelle se traduit de manière inédite sur le terrain à travers la 2e édition du Tournoi de football de l’ACAM, qui rassemble plusieurs équipes d’envergure (OMA Group, Maersk Line, MSC, SEGUB, PAC, ATRAL, PIL, AGL, NAVITRANS, AQUAMARINE, GRIMALDI, RLOGISTIC, BÉNIN MANUTENTION, CMA CGM).
Véritable vecteur de cohésion sociale et de réseautage informel, le tournoi, qui a débuté ses phases de poules le 2 octobre dernier, intègre cette année une innovation majeure très saluée. Il s’agit de la participation active des femmes de l’amicale, qui disputeront de vraies rencontres de 20 minutes réparties en deux périodes. Les matchs se déroulent chaque week-end sur le terrain synthétique situé derrière Erevan à Cotonou, créant un pont parfait entre émulation sportive et relations d’affaires.
La grande finale de ce tournoi corporate se jouera le samedi 14 novembre 2026 au Centre aéré de la BCEAO, venant clore en apothéose les intenses travaux du Palais des congrès. En associant rigueur technique, innovation technologique et convivialité sportive, TLC2 démontre que l’avenir de la logistique ouest-africaine se dessine désormais à Cotonou. Les chargeurs, transporteurs, investisseurs et l’ensemble des acteurs du secteur y sont attendus pour façonner les échanges de demain.
Moïse TCHEGNONSI

