Bénin – L’Ouémé sous les eaux : quand la résilience agricole devient un impératif

Bénin – L’Ouémé sous les eaux : quand la résilience agricole devient un impératif
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Les rivières ont débordé, les champs se sont transformés en lacs. Dans le département de l’Ouémé, la campagne agricole 2026 restera gravée dans les mémoires. Plus de 52 560 tonnes de produits agricoles ont été englouties sous les flots, sur près de 15 400 hectares.

Dangbo, Sèmè-Podji, les Aguégués et Adjohoun ont payé le plus lourd tribut. Le 9 octobre à Porto-Novo, Marcel Adjokpo, de la Direction départementale de l’agriculture, a livré ces chiffres sans fard : le cumul pluviométrique a atteint 1 110 mm fin septembre, bien au-delà des 793 mm de l’année précédente.

Ce n’est pas un épisode isolé. À l’échelle nationale, près de 350 000 personnes ont été touchées par les intempéries. Le bassin de l’Ouémé a basculé en alerte rouge. Pourtant, les services agricoles locaux ont tenu le cap, exécutant plus de 75 % de leurs activités avec une efficacité jugée satisfaisante.

Face à ces chocs, les réponses se multiplient. La maîtrise de l’eau occupe le devant de la scène. Les aménagements hydro-agricoles déjà réalisés grâce au PAIAVO portent leurs fruits dans la vallée. De nouvelles études visent des périmètres irrigués à Sèmè-Podji et Bonou. L’assurance agricole indicielle a déjà indemnisé des dizaines de milliers de producteurs lors de campagnes précédentes. Dans le delta, des systèmes d’alerte précoce – balises communautaires, application mobile et modèles prédictifs – permettent d’anticiper les crues.

Pour aller plus loin, il faudra amplifier ces leviers : digues, drains et bassins de rétention pour gérer l’excès comme le déficit d’eau ; extension de l’assurance à davantage de filières ; implication renforcée des organisations professionnelles dans la diffusion de variétés tolérantes, de calendriers culturaux adaptés et d’agroforesterie. Les communautés elles-mêmes doivent rester au cœur du dispositif, en cartographiant les zones vulnérables et en consolidant les alertes locales.

Dès 2027, les revues trimestrielles de la DDAEP adopteront un format plus synthétique par zones. C’est un signal clair : l’Ouémé ne se contente plus de subir. En conjuguant investissements structurants, protection des revenus et engagement des producteurs, le département se dote des moyens de transformer la contrainte climatique en opportunité de solidité durable.

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Modeste Dossou

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