Golfe de Guinée : quand la mer exige l’union des pays

Golfe de Guinée : quand la mer exige l’union des pays
Partage

Du 22 au 23 juillet 2026, venus du Bénin, du Togo, du Nigeria et du Niger des hommes et des femmes se sont assis autour de tables, pour parler de ce que l’on ne voit pas toujours : la fragile souveraineté sur les eaux du Golfe de Guinée.

Le Centre Maritime Multinational de Coordination de la Zone E a choisi cette année de ralentir le rythme des opérations pour interroger l’essentiel. Sous la direction du capitaine Abdulraheem Tunde Olaniyan, l’exercice n’a pas consisté à accumuler les déclarations d’intention. Il a consisté à regarder en face les failles : comment mutualiser réellement les moyens, comment faire tenir ensemble une architecture de sécurité encore trop souvent fragmentée, comment transformer la coordination en réflexe plutôt qu’en exception.

Depuis son inauguration en mars 2015, ce centre porte une ambition simple et exigeante : faire en sorte que quatre États partagent non seulement des informations, mais une même manière de lire la mer. Les échanges de ces deux jours ont rappelé que la sécurité maritime n’est pas seulement une affaire de navires et de radars. Elle touche la pêche, l’alimentation, le commerce, la vie des communautés côtières. Un spécialiste béninois des pêches a d’ailleurs rappelé, sans détour, à quel point la surveillance des ressources halieutiques reste un combat quotidien contre les prélèvements illégaux qui vident les eaux et les assiettes.

Du côté de la CEDEAO, on a insisté sur la nécessité de ne plus se contenter d’agir chacun dans son coin. Questionner les pratiques, mesurer ce qui fonctionne et ce qui coince, identifier les angles morts : tel était l’esprit des discussions. Le directeur adjoint du centre a souligné le choix délibéré d’un atelier plutôt que d’une nouvelle opération conjointe. Parce qu’il faut parfois s’arrêter pour mieux avancer ensemble.

Le Golfe de Guinée reste un espace stratégique où se croisent richesses et menaces. Dans ces salles de Cotonou, on a choisi de ne pas se contenter de le constater. On a préféré, pendant quarante-huit heures, reconstruire patiemment les conditions d’une réponse collective.

Partage

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *