Bénin : Wadagni lance l’intégration progressive des AME dans la fonction publique

Bénin : Wadagni lance l’intégration progressive des AME dans la fonction publique
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Le vendredi 11 septembre 2026 restera une date marquante pour le système éducatif béninois. Au Palais de la Marina, le président Romuald Wadagni a reçu les représentants des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) et a officialisé les modalités d’une intégration progressive dans la fonction publique. Cette décision met fin à des années d’attente et concrétise un engagement pris pendant la campagne présidentielle.

Selon le compte rendu communiqué par la direction de la communication de la présidence, le critère principal retenu est l’ancienneté : seuls les AME ayant bénéficié de trois contrats successifs seront éligibles dans un premier temps. La promotion de 2019, qui représente à elle seule plus de la moitié de l’effectif total, sera traitée en priorité. Les promotions suivantes suivront une fois cette première vague achevée. Un critère d’âge viendra également ordonner les dossiers.

Contrairement à ce que certains redoutaient, aucun nouveau concours ou test d’évaluation ne sera organisé. Le gouvernement a écarté l’option d’un reversement classique au profit d’un recrutement progressif sur titre. L’expérience accumulée sur le terrain et les diplômes déjà détenus suffiront. Les enseignants concernés intégreront le statut d’Agent Contractuel de Droit Public des Collectivités Territoriales Décentralisées (ACDPCTD). Ce cadre leur permettra de rester affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et d’accéder à une couverture sociale plus stable, notamment en matière de retraite.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2016. Les AME, recrutés massivement pour combler le déficit d’enseignants, sont passés du statut précaire de vacataires à celui d’aspirants mieux encadrés. Leur nombre a triplé, contribuant à l’amélioration spectaculaire des taux de réussite aux examens nationaux. En leur offrant désormais une perspective de stabilisation, le chef de l’État répond à une revendication sociale majeure tout en préservant l’équilibre budgétaire de l’État.

À la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, ce signal politique vise aussi à motiver le corps enseignant. Un enseignant sécurisé dans son parcours professionnel est un enseignant plus disponible et plus engagé auprès des élèves. L’intégration progressive permettra de sortir progressivement du régime de contrats successifs sans créer de rupture brutale dans la gestion des effectifs.

Si le calendrier précis des vagues d’intégration reste à préciser par les ministères concernés et les collectivités territoriales, le cap est clairement fixé. Le président Wadagni a transformé une promesse de campagne en décision opérationnelle. Pour des milliers d’enseignants béninois, le long chemin vers la reconnaissance administrative et sociale vient de franchir une étape décisive. L’école publique, elle, en sortira renforcée.

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Modeste Dossou

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