CENA mise en pause : le Bénin se donne le temps de perfectionner sa machine électorale – Eudoxie Dakpè

CENA mise en pause : le Bénin se donne le temps de perfectionner sa machine électorale – Eudoxie Dakpè
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Et si la disparition provisoire de la CENA n’était pas un affaiblissement, mais un acte de lucidité ? C’est le message clairement adressé par Eudoxie Dakpè, ministre conseillère à la Justice et aux Relations extérieures, sur les ondes de Peace FM.

Alors que l’Assemblée nationale a abrogé les dispositions du Code électoral qui organisaient la Commission électorale nationale autonome, la ministre conseillère refuse de parler de suppression pure et simple. Elle parle plutôt de « pause ». Une pause volontaire, calculée, pour « réfléchir autrement » et « viser davantage la perfection ».

Le timing n’est pas anodin. Les prochaines échéances électorales majeures sont fixées à 2033. Sept années s’ouvrent devant le pays. « Nous avons donc le temps de marquer une pause, de bien réfléchir et de mettre en place d’autres mécanismes », insiste Eudoxie Dakpè. L’objectif affiché est clair : clarifier les rôles de chaque acteur, réduire les chevauchements d’attributions et renforcer la crédibilité du dispositif.

La ministre n’élude pas le bilan récent. Le Bénin sort d’élections que la communauté internationale a saluées pour leur organisation. Mais, souligne-t-elle, « il faut toujours rechercher ce qui peut rendre le système encore plus efficace ». La suspension provisoire devient ainsi un outil de consolidation, non de rupture. « Cette suspension permettra de revoir les mécanismes afin de revenir encore plus fort. »

Derrière les mots se dessine une volonté de modernisation institutionnelle. Le personnel de la CENA sera reversé dans l’administration publique. Un décret fixera le sort du patrimoine et des engagements de l’institution. Le cadre juridique est gelé, le temps de construire une architecture mieux adaptée au nouveau rythme des mandats politiques.

Loin d’un vide, le pouvoir béninois revendique une respiration. Une respiration pour mieux garantir, à l’horizon 2033, des élections plus claires, plus efficaces et, surtout, plus crédibles.

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Modeste Dossou

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