L’EIB et la BIIC mobilisent 100 millions d’euros pour renforcer les filières agricoles du Bénin

L’EIB et la BIIC mobilisent 100 millions d’euros pour renforcer les filières agricoles du Bénin
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La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) ont annoncé le lancement d’une facilité de financement de 100 millions d’euros destinée à soutenir les chaînes de valeur agricoles au Bénin. Cette opération, garantie par la Commission européenne, s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne.

Au moins 70 % des fonds sont réservés à trois filières jugées stratégiques : le coton et le textile, le soja et la noix de cajou. L’objectif est double. D’une part, accélérer l’agro-industrialisation et la création d’emplois au Bénin. D’autre part, réduire la dépendance de l’industrie européenne à des sources d’approvisionnement trop concentrées. Le coton béninois alimente indirectement les marchés textiles européens, le soja sert à l’alimentation animale, et la noix de cajou entre dans la transformation alimentaire. En renforçant le tri et la transformation locale, l’initiative vise à raccourcir les chaînes d’approvisionnement et à améliorer leur traçabilité.

La BEI Global agit comme prêteur, tandis que la BIIC, première banque du Bénin depuis 2022 et cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Afrique de l’Ouest depuis avril 2025, assure le déploiement sur le terrain. OBARA Capital a accompagné la structuration de l’opération.

Deux entreprises ont déjà bénéficié des premiers financements : Akiyo, société de négoce agricole basée à Savè, pour ses activités de collecte et de distribution de soja et de cajou, et Couleur Indigo, producteur textile à Ouidah, pour le développement d’un site de production de tissus teints à l’indigo à partir de coton béninois.

Un programme d’assistance technique, financé par le Luxembourg via son Fonds d’inclusion financière, accompagne le dispositif. Il vise à renforcer les compétences de la BIIC en finance durable et en évaluation ESG, tout en aidant les PME et coopératives à structurer des projets bancables conformes aux normes internationales. L’opération s’inscrit également dans l’initiative « Women for Stronger Communities and Growth », avec une attention particulière aux entreprises dirigées ou employant majoritairement des femmes.

Selon Arsène Dansou, directeur général de la BIIC, ce partenariat doit permettre de bâtir « des secteurs plus compétitifs, créateurs d’emplois et mieux intégrés aux marchés internationaux ».

Cette facilité illustre l’évolution de la finance de développement européenne, qui combine garantie, assistance technique et critères de genre pour dé-risquer le crédit aux PME dans les marchés frontaliers.

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Modeste Dossou

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