Angélique Kidjo grave l’Afrique dans le bitume d’Hollywood

Angélique Kidjo grave l’Afrique dans le bitume d’Hollywood
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Le 18 août 2026, Hollywood Boulevard a accueilli un moment historique. Angélique Kidjo, artiste béninoise de 66 ans, a reçu la 2 854e étoile du Walk of Fame, dans la catégorie Recording. Elle devient ainsi la première musicienne africaine et la première artiste noire africaine à obtenir cette distinction, après l’actrice sud-africaine Charlize Theron en 2005.

La cérémonie, organisée face à l’hôtel Hollywood Roosevelt, a réuni des personnalités comme l’acteur Willem Dafoe, son compatriote Djimon Hounsou, le musicien nigérian Adekunle Gold et Harvey Mason Jr., président de la Recording Academy. Ron Frierson, président de la Chambre de commerce de Hollywood, a proclamé ce jour « Angélique Kidjo Day ».

Dans son discours, la chanteuse a placé l’Afrique au centre de son message. « Nous, Africains, ne savons pas ce que nous avons donné au monde, et ce que nous continuons de donner pour que la musique existe. Sans nous, aucune musique n’est possible sur cette planète », a-t-elle déclaré. Elle a souligné que cette étoile représente bien plus qu’un succès personnel : une reconnaissance de l’apport immense du continent à la culture mondiale. Kidjo a aussi évoqué sa vision d’un monde-village où les différences de langue, de couleur de peau ou d’origine n’empêchent pas l’unité humaine.

Née au Bénin, Angélique Kidjo a construit une carrière de plus de quatre décennies en fusionnant les rythmes ouest-africains, les traditions yoruba et les influences funk, jazz, R&B et pop. Cinq fois lauréate des Grammy Awards, elle a également reçu le Polar Music Prize et multiplié les collaborations internationales. Son parcours, commencé à Cotonou avant un départ pour Paris dans les années 1980, illustre une trajectoire d’ouverture et de transmission.

Elle a dédié cette distinction à son pays, au continent africain et à la France, où elle a longuement vécu et puisé certaines inspirations. « Cette étoile n’est pas seulement pour l’Afrique et mon pays, c’est aussi pour la France », a-t-elle confié. Au-delà de l’hommage, elle y voit un signe d’espoir dans un contexte mondial troublé : la preuve que la collaboration et le dépassement des divisions permettent de créer de la beauté.

L’événement dépasse le simple trophée. Il marque une étape dans la reconnaissance progressive de la musique africaine sur la scène internationale, alors que les artistes du continent conquiert de nouveaux publics. Kidjo a rappelé qu’elle porte avec elle les générations d’artistes africains qui l’ont précédée et celles qui suivront. « Je suis peut-être la première, mais je suis convaincue que je ne serai pas la dernière. »

En dansant et en chantant près de son étoile nouvellement dévoilée, la chanteuse a transformé la cérémonie en célébration vivante. Son message reste clair : l’Afrique continue d’irriguer la musique mondiale, et cette étoile sur Hollywood Boulevard en est désormais le symbole permanent.

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Modeste Dossou

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