Après les élections générales, le parti Les Démocrates repart au combat
Dimanche 16 août 2026, à Parakou, le parti Les Démocrates a donné le coup d’envoi de sa remobilisation. Première grande rencontre depuis les élections générales, ce meeting a permis au président Nourénou Atchadé et aux cadres de formuler trois messages forts destinés à structurer l’action de l’opposition dans la période actuelle.
Premier axe : le Sénat. La formation d’opposition attend de la nouvelle chambre haute un rôle réel en faveur du pluralisme. Habibou Woroucoubou a souligné que la diversité des opinions constitue le principal défi. Nourénou Atchadé a quant à lui invité les sénateurs à examiner certaines lois des dernières années jugées préjudiciables aux principes démocratiques. Kamel Ouassagari a prévenu que si l’institution se transformait en outil de censure des opposants, le parti réagirait avec fermeté. Pour Les Démocrates, le Sénat doit devenir un espace d’équilibre et de dialogue, non une chambre monocolore.
Deuxième message : la trêve politique n’équivaut pas à un silence forcé. Atchadé a rappelé que la Constitution reconnaît aux partis régulièrement constitués le droit d’animer la vie publique. La trêve ne saurait donc suspendre toute activité. Le meeting de Parakou marque le début d’une série de rencontres destinées à consolider les structures et à maintenir le contact avec les populations. Selon le dirigeant, le pouvoir de Romuald Wadagni n’a d’ailleurs aucun intérêt à voir l’opposition disparaître.
Troisième point : une attitude nuancée face au nouveau président. Les Démocrates saluent certaines avancées sociales et la démarche de Wadagni vers Niamey en vue de la réouverture des frontières avec le Niger, jugée bénéfique pour les populations. Cette reconnaissance s’accompagne toutefois d’une vigilance affirmée : « Nous avons apprécié, mais s’il y a des dérives, nous allons les critiquer. »
En résumé, le parti revendique un Sénat garant du pluralisme, une présence politique continue malgré la trêve, et un contrôle critique mais ouvert de l’action gouvernementale. Parakou n’est que le point de départ d’une reconquête du terrain pour un parti qui tente de se refaire après la tornade.

