Affaire Pierre Urbain Dangnivo: Codjo Alofa condamné à 30 ans de prison, Amoussou acquitté

Affaire Pierre Urbain Dangnivo: Codjo Alofa condamné à 30 ans de prison, Amoussou acquitté
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Au terme d’un procès très attendu, le tribunal de première instance de Cotonou a tranché dans l’affaire de l’assassinat de Pierre Urbain Dangnivo, survenu en 2010. Codjo Alofa, présenté comme le principal accusé, a été reconnu coupable et condamné à trente ans de réclusion criminelle. Son co-accusé, Donatien Amoussou, a bénéficié d’un acquittement pur et simple, provoquant un vif soulagement dans une partie de la salle.

Ce verdict intervient dans des conditions particulières. Après les débats et les réquisitions du procureur, les avocats de la défense ont quitté le prétoire, estimant que certaines pièces cruciales manquaient au dossier, dont une expertise graphologique jugée essentielle. Face à ce retrait inattendu, la cour a pris acte de l’absence de plaidoiries, suspendu l’audience pour délibérer, puis rendu sa décision en fin d’après-midi.

Au-delà des peines, le tribunal a rejeté la demande de requalification des infractions formulée par le ministère public. Il a également ordonné la restitution des restes de la victime à sa famille, permettant enfin une sépulture digne seize ans après les faits. Pierre Urbain Dangnivo, alors haut cadre au ministère de l’Économie et des Finances, avait été assassiné dans des circonstances qui avaient profondément choqué l’opinion publique et les milieux administratifs.

Ce long feuilleton judiciaire met en lumière les difficultés inhérentes aux affaires criminelles anciennes au Bénin : conservation des preuves, fiabilité des témoignages et respect scrupuleux des droits de la défense. Le départ des avocats a soulevé des questions sur la solidité procédurale du dossier et sur la capacité du système judiciaire à garantir un procès équitable dans un contexte de tensions.

Pour les proches de la victime, ce jugement marque une étape importante, même s’il ne referme pas totalement la plaie. Pour la société béninoise, il rappelle que la justice, malgré ses lenteurs, finit parfois par trancher d’une manière ou d’une autre selon ce qu’elle dispose comme éléments. Codjo Alofa, principal condamné, purgera une peine lourde qui reflète la gravité des faits retenus contre lui. Donatien Amoussou, quant à lui, sort libre du tribunal, mais reste marqué par ces années d’accusations.

L’affaire Dangnivo, suivie avec attention par de nombreux Béninois, illustre à la fois la persévérance des familles endeuillées et les limites d’une machine judiciaire parfois confrontée à ses propres faiblesses. Reste désormais à voir si ce verdict apportera un véritable apaisement ou s’il alimentera encore les débats sur l’efficacité et l’équité de la justice au Bénin quand on sait que des zones d’ombres restent. Qui a commandité le meurtre, quel est le mobile de l’acte et qu’est-ce-qui s’est réellement passé ? Des questions qui resteront probablement sans réponses.

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Modeste Dossou

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