Sécurité numérique en Afrique : le Bénin à l’avant-garde de l’Opération Sentinelle contre la cybercriminalité

Sécurité numérique en Afrique : le Bénin à l’avant-garde de l’Opération Sentinelle contre la cybercriminalité
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Le continent africain vient de frapper un grand coup contre la cybercriminalité avec l’Opération Sentinelle, une initiative coordonnée par Interpol du 27 octobre au 27 novembre 2025. Étendue à 19 pays, cette opération a abouti à l’arrestation de 574 suspects et à la récupération d’environ 3 millions de dollars issus d’activités illicites. Les crimes ciblés incluaient les compromissions d’emails professionnels (BEC), l’extorsion numérique et les attaques par ransomware, des fléaux qui causent des pertes estimées à des millions chaque année.

Au cœur de cette réussite, le Bénin se distingue par son engagement exemplaire. Dans ce pays ouest-africain, les forces de l’ordre ont arrêté 106 cybercriminels et fermé 4 318 comptes liés à des arnaques sur les réseaux sociaux. Ces résultats impressionnants soulignent le rôle important du Bénin, qui représente une part significative des arrestations continentales. Les opérations menées localement ont visé des réseaux organisés exploitant les plateformes en ligne pour des escroqueries sentimentales, des faux investissements ou des chantages virtuels, souvent opérant depuis des cybercafés ou des domiciles équipés de serveurs clandestins.

Cette performance n’est pas fortuite. Le Bénin est pionnier dans la lutte contre la cybercriminalité depuis plus d’une décennie. Dès 2011, il a créé l’Office Central de Répression de la Cybercriminalité (OCRC), une unité spécialisée qui a permis des centaines d’arrestations et la saisie de matériels informatiques. En 2023, pour renforcer son arsenal, le gouvernement a transformé l’OCRC en Centre National d’Investigations Numériques (CNIN), une structure plus intégrée et dotée de technologies avancées. Le CNIN, rattaché à la Police Républicaine, dispose d’équipes d’experts en analyse de données et en coopération internationale. Son site officiel (cnin.bj) permet même aux citoyens de déposer des plaintes en ligne, favorisant une approche proactive.

Grâce à des formations continues avec Interpol et des partenaires comme l’Union Africaine, le CNIN a développé des outils pour traquer les flux financiers illicites et décrypter les ransomwares. Par exemple, lors de l’Opération Sentinelle, les agents béninois ont collaboré avec des équipes de Sénégal, Ghana et Nigeria pour démanteler des réseaux transfrontaliers. Des perquisitions ont révélé des ateliers de phishing et des serveurs hébergeant des milliers de faux profils sur Facebook, Instagram et WhatsApp.

L’impact au Bénin va au-delà des chiffres. Ces actions ont protégé des victimes potentielles, souvent issues de la diaspora ou d’utilisateurs étrangers, et ont récupéré des fonds qui seront restitués. Elles renforcent aussi l’image du pays comme un hub numérique sûr, attractif pour les investissements en tech. Cependant, les défis persistent : la cybercriminalité recrute parmi les jeunes au chômage, attirés par des gains rapides. Le CNIN mène donc des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les communautés, comme l’initiative récente visant les adolescents pour prévenir l’adhésion à ces pratiques.

L’Opération Sentinelle marque une victoire collective, mais le leadership du Bénin, via le CNIN, prouve que des investissements soutenus portent leurs fruits. Avec des partenariats renforcés, le pays continue de bâtir un cyberspace plus sécurisé, inspirant d’autres nations africaines.

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Modeste Dossou

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