Bavure policière à Parakou : Sanctions immédiates et excuses officielles de la hiérarchie
Une opération policière musclée dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026 a tourné à la controverse dans la ville de Parakou. Lors d’un rassemblement pour assister à un spectacle dénommé « La guerre des clans », organisé sans autorisation administrative au quartier Wanssirou (troisième arrondissement), les forces de la Police républicaine ont interpellé plus de 400 personnes, dont de nombreux mineurs, saisi plus de 90 motos, environ 400 téléphones portables et du matériel de sonorisation.
Cependant, les modalités de l’intervention ont rapidement suscité une vive indignation. Des dysfonctionnements graves ont été constatés, entraînant des atteintes aux droits de citoyens, y compris des personnes innocentes. Face à cette bavure reconnue, la hiérarchie policière et le gouvernement ont réagi avec promptitude pour limiter les dégâts et réaffirmer les principes républicains.
Le Directeur départemental de la Police républicaine du Borgou, Baudelaire Segoh, a été immédiatement relevé de ses fonctions. Cette sanction forte, annoncée le 4 janvier, illustre la détermination des autorités à punir toute dérive professionnelle. Dans un communiqué officiel, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seïdou, a reconnu les manquements observés. « L’opération, bien que justifiée par la nécessité de préserver la tranquillité publique, a entraîné des désagréments inacceptables », a-t-il déclaré, présentant les excuses du gouvernement aux personnes affectées et ordonnant leur libération immédiate.
Des enquêtes administratives et judiciaires sont en cours pour établir les responsabilités précises. Des mesures disciplinaires supplémentaires pourraient être prises à l’issue de ces investigations. Le ministre a insisté sur le caractère exemplaire de ces décisions, rappelant que la Police républicaine doit agir dans le strict respect des lois et des droits humains. « Toute action policière doit s’inscrire dans les principes républicains, avec une tolérance zéro pour les bavures », a-t-il martelé.
Cette réaction rapide vise à restaurer la confiance entre la population et les forces de sécurité, dans un contexte où les rassemblements non autorisés et la délinquance urbaine posent des défis récurrents dans certaines localités du Bénin. Les autorités appellent les citoyens à poursuivre leurs activités dans le respect des règlements, tout en collaborant avec les forces de l’ordre pour une sécurité partagée.
Cet incident soulève une fois de plus la question de la formation et de l’encadrement des interventions policières au Bénin, où la réforme de la Police républicaine vise à en faire une force communautaire et respectueuse des droits.

