Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal
Quelques jours seulement après son limogeage surprise de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été élu, ce mardi, président de l’Assemblée nationale du Sénégal. Une élection express qui marque un nouveau tournant dans la jeune alternance politique sénégalaise.
Réintégré au préalable comme député par les parlementaires, le leader du Pastef a été élu avec une large majorité (132 voix sur 133 votants), lors d’une séance plénière boycottée par l’opposition. Celle-ci a dénoncé un « coup de force institutionnel » et a quitté l’hémicycle avant le vote. El Malick Ndiaye, jusque-là président de l’institution et fidèle de Sonko, avait démissionné dimanche pour lui laisser le perchoir.
Ce retour fulgurant au cœur du pouvoir législatif intervient après des tensions au sommet de l’État, notamment autour de la gestion économique, de la dette publique et des négociations avec le Fonds monétaire international. Limogé le 22 mai, Sonko quitte Matignon mais conserve une influence considérable : avec 130 députés Pastef sur 165, il contrôle désormais l’institution chargée de contrôler l’action gouvernementale et de voter les lois et le budget.
Dans sa première déclaration, Ousmane Sonko a promis d’user de ses nouvelles fonctions avec responsabilité : « Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. » Il a appelé à l’unité nationale et au travail au service du peuple sénégalais.
Cette reconfiguration inédite ouvre une période de cohabitation potentiellement tendue entre un président de la République et un président de l’Assemblée nationale issus du même mouvement, mais désormais aux commandes de deux pouvoirs distincts. Les observateurs s’interrogent sur les équilibres futurs au sein du Pastef et sur la capacité du nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, à gouverner face à un perchoir très influent.

