Bénin : Après les critiques virulentes, Boni Yayi accepte de siéger au Sénat
Dans un revirement spectaculaire qui alimente les débats au Bénin, l’ancien président Thomas Boni Yayi a finalement donné son accord pour occuper un siège au Sénat en tant qu’ancien chef d’État. Selon des informations révélées lundi, par le média Africaho, une source proche de l’ex-leader des Démocrates confirme que celui-ci a posé plusieurs conditions avant d’accepter cette nouvelle fonction.
Rappelons que Yayi s’était montré particulièrement critique en novembre 2025, qualifiant la création du Sénat d’« initiative antidémocratique » qui menaçait la séparation des pouvoirs et les acquis démocratiques du pays. Son refus semblait alors catégorique. Pourtant, les lignes ont bougé : sa participation à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni en mai dernier avait déjà laissé entrevoir un possible assouplissement.
Aujourd’hui, ses exigences porteraient sur une accélération de la décrispation politique, le renforcement des libertés publiques, la libération des détenus considérés comme politiques et le retour des exilés. Ces points témoignent d’une volonté de ne pas occuper un rôle purement symbolique au sein de la nouvelle institution.
Le Sénat, composé de 25 membres, sera officiellement installé le 30 juillet prochain à Porto-Novo. Aux côtés de Patrice Talon et de Nicéphore Soglo, Boni Yayi pourrait ainsi marquer de son empreinte cette chambre haute. Ce positionnement suscite déjà des interrogations sur ses motivations réelles : pragmatisme constitutionnel ou calcul stratégique pour influencer l’avenir politique béninois ?

