Le Bénin de retour sur le marché international du pétrole
Après deux décennies d’absence, le Bénin s’apprête à revenir sur le marché international du pétrole. Une première cargaison d’environ 250 000 barils, tirée du champ offshore de Sèmè, doit être commercialisée en octobre 2026. Cette opération marque le redémarrage d’un gisement abandonné depuis 1998 et offre au président Romuald Wadagni un premier succès tangible dans le domaine énergétique.
L’opérateur Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding, a relancé la production grâce à des puits horizontaux et des installations modernes. Actuellement limitée à près de 3 000 barils par jour, la production pourrait progressivement augmenter. L’État béninois détient une participation dans le projet et percevra donc une part des revenus, même si les volumes restent modestes.
Ce retour du pétrole national intervient à un moment stratégique. Élu en avril 2026 et investi en mai, Romuald Wadagni doit consolider son autorité et répondre aux attentes économiques. Ces premiers dollars issus de la vente de brut constituent une ressource supplémentaire bienvenue pour les finances publiques, sans pour autant transformer le pays en producteur majeur.
Le Bénin dispose déjà d’une expérience dans le secteur grâce au terminal de Sèmè-Kpodji, qui exporte le pétrole nigérien. Le développement de sa propre production renforce cependant son rôle dans la chaîne énergétique régionale et symbolise une capacité à valoriser d’anciens actifs.
Si les montants en jeu restent limités, l’impact politique et symbolique est réel. Pour le nouveau chef de l’État, cette première vente de pétrole béninois illustre la poursuite des projets structurants et apporte un signal positif en début de mandat. L’avenir du champ de Sèmè dépendra désormais de la capacité à stabiliser et à accroître la production.

