Le Bénin, acteur majeur de la nouvelle diplomatie parlementaire AfriqueUE
Du 12 au 14 mai 2026, à Ezulwini en Eswatini, s’est tenue la première session plénière constitutive de l’Assemblée parlementaire Afrique-UE. Un événement historique marquant la mise en œuvre effective de l’Accord de Samoa (post-Cotonou). Le Bénin y occupe une place de premier plan grâce à la nomination de l’honorable David Houinsa, député béninois, comme co-président aux côtés de la députée européenne Hilde Vautmans (Belgique).
Cette assemblée réunit environ 150 parlementaires africains et européens pour débattre de priorités stratégiques : sécurité, politique de la jeunesse, matières premières critiques et renforcement du partenariat entre les deux continents. La tenue de cette session inaugurale en Afrique, et non à Bruxelles ou Strasbourg, symbolise une volonté de rééquilibrage et de rapprochement concret.
Pour le Bénin, cette participation n’est pas symbolique. Elle traduit une reconnaissance internationale du rôle actif du pays dans la diplomatie multilatérale. En co-présidant cette instance, Cotonou gagne en visibilité sur la scène continentale et internationale. Le député Houinsa a ainsi pu porter la voix de l’Afrique de l’Ouest sur des enjeux cruciaux comme le développement durable, la transition énergétique et la gouvernance des ressources.
Des implications concrètes pour le développement béninois
Cette position offre plusieurs avantages stratégiques. D’abord, un levier diplomatique renforcé pour défendre les intérêts nationaux dans les négociations avec l’Union européenne, principal partenaire commercial et bailleur de fonds du Bénin. Elle facilite l’accès à des financements plus ciblés dans les domaines prioritaires du Programme d’actions du gouvernement (PAG) : agriculture, infrastructures, numérique et jeunesse.
Ensuite, elle renforce la légitimité du Parlement béninois sur le plan intérieur et favorise le renforcement des capacités parlementaires. Le Bénin peut également jouer un rôle de pont entre l’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine et l’Europe, notamment sur les questions de sécurité régionale et de migration.
Enfin, cette visibilité accrue contribue à l’image d’un Bénin stable, engagé et influent, ce qui peut attirer davantage d’investissements directs étrangers et consolider sa position dans les forums multilatéraux. En co-présidant cette nouvelle assemblée, le Bénin ne se contente pas de participer : il influence. Une opportunité historique qu’il devra capitaliser pour traduire cette présence de haut niveau en résultats tangibles pour sa population.

