Frustration de Talon face à l’inachèvement de la réforme de la formation technique et professionnelle au Bénin

Frustration de Talon face à l’inachèvement de la réforme de la formation technique et professionnelle au Bénin
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Lors de sa rencontre avec la jeunesse béninoise ce lundi au Palais de la Marina, le président Patrice Talon a exprimé une profonde frustration concernant l’absence de progrès dans la mise en œuvre de la réforme de la formation technique et professionnelle (FTP), un projet qu’il considère comme crucial pour le développement du Bénin. Après plus de neuf ans à la tête du pays, cette admission révèle à la fois une ambition forte pour l’avenir de la jeunesse et les défis structurels qui freinent les réformes dans ce secteur clé.

La déclaration de Talon met en lumière une réalité complexe. La formation technique et professionnelle est souvent perçue comme un levier essentiel pour répondre au chômage des jeunes, stimuler l’entrepreneuriat et soutenir l’industrialisation. Au Bénin, où le chômage des jeunes reste un défi majeur, cette réforme visait à aligner les compétences de la main-d’œuvre sur les besoins du marché. Cependant, les obstacles à sa mise en œuvre semblent multiples : manque d’infrastructures adaptées, insuffisance de formateurs qualifiés, financement limité ou encore résistance au changement dans un système éducatif souvent orienté vers les filières académiques générales.

L’aveu du président reflète également une certaine transparence, une volonté de reconnaître les limites de son administration face à un projet ambitieux. Cela pourrait être interprété comme une tentative de se rapprocher de la jeunesse, en partageant une déception personnelle, mais aussi comme un aveu d’échec dans un domaine où les attentes étaient élevées. Cette franchise pourrait toutefois diviser : si certains y verront une sincérité louable, d’autres pourraient y lire un manque de résultats concrets après près d’une décennie au pouvoir.

Les enjeux pour l’avenir

La frustration exprimée par Talon soulève des questions sur l’avenir de cette réforme. À l’approche de la fin de son mandat, il est peu probable que des avancées significatives soient réalisées dans ce domaine avant son départ. Cependant, son discours pourrait servir de signal pour mobiliser les acteurs concernés – gouvernement, secteur privé et partenaires internationaux – afin de poser les bases d’une relance de la FTP sous une prochaine administration.

Pour la jeunesse béninoise, cette rencontre met en lumière l’importance de continuer à exiger des politiques concrètes pour l’emploi et la formation. La frustration de Talon pourrait paradoxalement galvaniser les jeunes à s’impliquer davantage dans les débats sur l’éducation et l’emploi, afin que leurs besoins soient mieux pris en compte à l’avenir.

Aperçu de la politique de formation technique et professionnelle

La politique de formation technique et professionnelle au Bénin, telle que portée par le gouvernement de Patrice Talon, vise à moderniser et renforcer le système de formation pour répondre aux besoins économiques du pays. Lancée dans le cadre du Programme d’Action du Gouvernement (PAG), elle ambitionne de développer des filières techniques (agriculture, artisanat, BTP, tourisme, etc.) en modernisant les centres de formation, en renforçant les partenariats avec le secteur privé et en alignant les curricula sur les exigences du marché du travail.

L’objectif est de réduire le chômage des jeunes, de favoriser l’auto-emploi et de soutenir l’émergence d’une économie plus diversifiée et compétitive. Cependant, des défis comme le sous-financement, le manque d’équipements modernes et une faible attractivité des filières techniques ont entravé sa mise en œuvre effective.

L’aveu de Patrice Talon sur l’échec de la réforme de la FTP révèle les défis systémiques auxquels le Bénin est confronté dans sa quête de modernisation éducative. Si cette frustration peut être vue comme un aveu d’impuissance, elle ouvre aussi la voie à une réflexion collective sur les priorités pour l’avenir, notamment pour une jeunesse en quête d’opportunités. La relance de cette réforme nécessitera un engagement fort et concerté pour transformer les ambitions en résultats concrets.

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Moudachirou Souberou

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