Tentative de coup d’État au Bénin : une catastrophe économique évitée de justesse
Le Bénin a frôlé une catastrophe économique majeure avec la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025. Au moment où le pays affichait une croissance soutenue, avec 7,5 % en 2024 selon le FMI et des projections ambitieuses à plus de 7 % pour 2025, soutenues par une transformation structurelle et un climat macroéconomique solide salué par la Banque africaine de développement, un putsch réussi aurait pu anéantir des années de réformes et de crédibilité internationale.
La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), véritable moteur des exportations de produits à valeur ajoutée, aurait été parmi les premières victimes. Ce hub, dédié à la transformation locale du coton, de l’anacarde, du soja, du karité et de l’ananas, risquait un arrêt brutal. Les investisseurs auraient fui, abandonnant des unités de production essentielles, entraînant une détérioration des matières premières, une chute des volumes exportés et une remise en question des prévisions de croissance à moyen terme. La logistique paralysée aurait amplifié les pertes, compromettant la montée en puissance de ce pôle industriel national.
Le Port de Cotonou, pilier du PIB et des recettes fiscales, aurait subi une rupture fatale. Une fermeture des frontières, comme celle observée avec le Niger récemment, aurait provoqué une baisse drastique du trafic marchandises, un gel des mouvements de navires, une explosion des primes d’assurance pour risques politiques et une désorganisation totale de l’import-export. Le fragile équilibre budgétaire, consolidé plus tôt que prévu avec un déficit conforme aux critères UEMOA, se serait effondré, privant l’État de ressources vitales.
L’aéroport international de Cotonou n’aurait pas été épargné. Face aux combats en zone urbaine, l’espace aérien fermé et les risques assurantiels exorbitants auraient entraîné un arrêt du trafic passagers et fret, gelant les investissements dans les infrastructures et isolant le pays. Dans un contexte où le Bénin mise sur le tourisme d’affaires et les événements internationaux, cette paralysie aurait signalé un effondrement de la confiance des opérateurs.
Le secteur financier aurait connu une crise systémique immédiate : retraits massifs de liquidités, fuite des capitaux, gel des crédits et spéculation sur le franc CFA. Les banques et institutions de microfinance sous pression auraient remis en cause les performances reconnues par Moody’s, qui plaçait le Bénin en deuxième position dans l’UEMOA. La transformation structurelle et les investissements du Plan national de développement en auraient pâté durablement.
Enfin, le tourisme culturel et le patrimoine auraient subi un coup d’arrêt. Les Vodun Days, événement majeur prévu les 8, 9 et 10 janvier 2026 à Ouidah, auraient été annulés, bloquant les préparatifs et privant hôtels, restaurants et artisans de recettes essentielles. L’image du Bénin comme destination de diplomatie culturelle autour du vodun se serait ternie, freinant les investissements touristiques à long terme.
En préservant l’ordre constitutionnel, le Bénin a sauvé bien plus qu’une stabilité politique : il a protégé les fondations d’un développement inclusif, avec une croissance supérieure à 7 % sur deux ans, une amélioration de l’indice de développement humain et un climat d’affaires attractif. Cet épisode rappelle que la résilience économique repose avant tout sur la paix institutionnelle.

