Tentative de coup d’État au Bénin : film de la situation, réactions du gouvernement et de la CEDEAO
Le Bénin a frôlé le chaos ce dimanche matin. Vers 3 h 30, un groupe d’hommes armés a pris d’assaut la résidence du président Patrice Talon à Cotonou, tandis qu’un second commando investissait les locaux de la Bénin Télévision (BTV) pour diffuser un message annonçant la prise du pouvoir. Moins de cinq heures plus tard, l’armée loyale avait repris le contrôle total de la situation et neutralisé les mutins. Le gouvernement a appelé au calme.
Selon plusieurs sources concordantes, l’attaque contre la résidence présidentielle située à Camp Guézo a été repoussée avec fermeté par la Garde républicaine. Des échanges de tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale, provoquant la panique chez les riverains. Au même moment, les studios de la BTV étaient occupés par une quinzaine d’hommes en uniforme qui ont diffusé en boucle un communiqué proclamant la « déchéance » du président Talon et la suspension de la Constitution. Le signal a été coupé vers 8h par les forces loyalistes qui ont repris le bâtiment quelque heures plus tard.
Vers midi, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séibou, est apparu en direct sur la télévision nationale pour une déclaration solennelle lue d’une voix posée :
« Béninoises, Béninois,
Chers compatriotes,
Au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses Institutions.
Face à cette situation, les Forces Armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre.
Aussi, le Gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations.
Je vous remercie. »
Ce communiqué officiel, sobre et sans ambages, marque la fin officielle de l’épisode. Le président Patrice Talon, qui n’est pas encore intervenu personnellement, se trouverait selon son entourage « en lieu sûr » et « en contact permanent avec la hiérarchie militaire ».
Aucun bilan officiel des victimes n’a été communiqué, mais des sources font état de morts et de blessés parmi les forces de l’ordre et les assaillants.
La vie a repris à Cotonou comme si de rien n’était, nonobstant la présence omniprésente des militaires qui ont quadrillé la ville: les marchés ont rouvert, les motos-taxis circulent à nouveau, même si la présence militaire reste très visible aux carrefours stratégiques. Les frontières aériennes et terrestres fonctionnent normalement.
Cette tentative de coup d’État intervient à quatre mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, à laquelle Patrice Talon a annoncé ne pas se représenter.
La CEDEAO a immédiatement condamné « toute tentative de changement anticonstitutionnel » et salué « la maturité des forces de défense béninoises ». La CEDEAO à même souligné qu’elle était prête à déployée sa force en attente pour soutenir l’armée béninoise à mettre les mutins en déroute totale.
Le Bénin, longtemps cité en exemple de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, sort ébranlé mais debout de cette épreuve. Reste à savoir si les enquêtes permettront d’identifier les commanditaires et d’apaiser les frustrations qui ont conduit une poignée de militaires à franchir la ligne rouge ce dimanche matin.

