Talon et Boni Yayi : une « guéguerre » qui empoisonne le Bénin
Dans un entretien vérité diffusé mardi soir sur Bénin TV, le président Patrice Talon a brisé un tabou en reconnaissant publiquement l’impact destructeur de sa rivalité avec l’ancien chef de l’État, Thomas Boni Yayi.
« La guéguerre qu’il y a entre Boni Yayi et moi est en train de pourrir l’environnement politique au Bénin », a-t-il asséné, employant pour la première fois un ton presque las face à un conflit qui dure depuis près d’une décennie.
Depuis l’arrivée de Talon au pouvoir en 2016, les deux hommes incarnent des visions opposées du Bénin. Boni Yayi, président de 2006 à 2016, accuse son successeur d’avoir instauré un régime autoritaire via des réformes controversées, notamment la limitation à un seul mandat présidentiel et la refonte du système partisan. Talon, lui, reproche à son prédécesseur des tentatives déstabilisatrices, y compris des appels à la mobilisation populaire et des soutiens à une opposition radicale et celle en exil.
Au-delà de la confession, Patrice Talon a surpris en proposant une solution inédite : une loi qui interdirait formellement à lui-même et à Boni Yayi de poursuivre toute activité politique, imaginant une sortie simultanée et définitive des deux poids lourds de la scène nationale.
Talon, lui, semble prêt à poser les armes – à condition que le pays avance dans la stabilité et la paix. Une chose est sûre : cette sortie relance le débat sur la nécessité d’une transition apaisée et d’une politique débarrassée des querelles personnelles. Le Bénin et ses acteurs politiques sauront-ils saisir cette opportunité historique ?

