Protection du littoral ouest-africain : La Banque mondiale lance un programme ambitieux pour sauver les côtes du Bénin

Protection du littoral ouest-africain : La Banque mondiale lance un programme ambitieux pour sauver les côtes du Bénin
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Le Groupe de la Banque mondiale a officiellement approuvé, le 17 mars 2026, un financement de 240 millions de dollars pour la première phase du Programme régional pour l’économie bleue et la résilience des zones côtières d’Afrique de l’Ouest (WACA+). Sur cette enveloppe, le Bénin bénéficie de la part la plus importante, avec des interventions concrètes destinées à protéger ses 150 kilomètres de littoral particulièrement vulnérables. Ce projet combine infrastructures de protection, restauration écologique et développement d’une économie bleue inclusive.

Les côtes béninoises subissent une érosion dramatique, accentuée par le changement climatique, la montée du niveau de la mer et les perturbations hydro-sédimentaires liées au barrage de Nangbéto. Chaque année, des villages perdent plusieurs mètres de terre, des champs sont engloutis et des infrastructures touristiques ou routières menacées. WACA+ cible deux sites prioritaires : l’estuaire de la Bouche du Roy, réserve naturelle de près de 9 700 hectares classée par l’UNESCO en 2017 et abritant plus de 25 000 habitants, et l’embouchure du fleuve Mono. Ces zones stratégiques seront stabilisées grâce à des ouvrages de protection adaptés, des dragages ciblés et des solutions « douces » comme la revégétalisation des berges. Ces mesures protégeront directement des milliers d’habitations, des terres agricoles, des sites touristiques et les corridors routiers vitaux reliant Cotonou à l’ouest du pays.

Parallèlement, le programme prévoit la restauration de jusqu’à 3 000 hectares de mangroves et de zones humides à l’échelle des deux pays, dont une part significative au Bénin. Ces écosystèmes serviront de barrières naturelles contre les tempêtes et les submersions marines tout en augmentant la productivité halieutique et en favorisant l’écotourisme. Un volet important est dédié au renforcement des chaînes de valeur de l’économie bleue : soutien aux coopératives de pêcheurs, aux femmes et aux jeunes entrepreneurs via des formations, un meilleur accès au crédit et des garanties de financement. Jusqu’à 28 millions de dollars de capitaux privés seront mobilisés pour développer la transformation du poisson, l’aquaculture durable et les activités touristiques respectueuses de l’environnement.

Les impacts socio-économiques sont ambitieux. Au total, plus de 530 000 personnes (majoritairement au Bénin et en Mauritanie) verront leur résilience climatique renforcée. Près de 13 000 emplois mieux rémunérés devraient être créés d’ici 2031 dans la pêche, l’aquaculture, l’hôtellerie, la logistique et les activités de restauration écologique. « Ce programme illustre parfaitement comment la protection des côtes peut aller de pair avec la création d’opportunités économiques durables pour les communautés les plus vulnérables », a souligné un responsable de la Banque mondiale.

Pour le Bénin, WACA+ représente bien plus qu’un simple projet de défense côtière. Il s’agit d’un tournant stratégique qui allie urgence climatique, préservation de la biodiversité et croissance inclusive. En sécurisant son littoral, le pays protège son patrimoine naturel exceptionnel, renforce la sécurité alimentaire des populations côtières et pose les bases d’un développement bleu résilient. La phase 1 n’est que le début : elle ouvre la voie à une vision régionale plus large qui pourrait, à terme, inspirer d’autres pays du Golfe de Guinée.

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Modeste Dossou

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