Le Bénin relance l’exploitation pétrolière avec le forage du champ de Sèmè
Le Bénin marque un tournant décisif dans son histoire énergétique avec le lancement, en août 2025, du forage pour le réaménagement du champ pétrolifère de Sèmè, situé au large de Sèmè-Podji. Après près de trois décennies d’inactivité, cette initiative, portée par Akrake Petroleum, une filiale de Rex International, redonne vie à un projet longtemps attendu. Ce développement positionne le Bénin comme un acteur émergent dans la production pétrolière en Afrique de l’Ouest, avec des implications économiques et énergétiques majeures.
Le champ de Sèmè, découvert dans les années 1960, a connu une exploitation limitée avant son abandon dans les années 1990. En 2013, une annonce du ministre de l’Énergie, Barthélemy Kassa, avait ravivé l’espoir en révélant un potentiel de 87 millions de barils de pétrole exploitables, avec une production estimée à 7 500 barils par jour sur 14 ans. Cependant, les progrès avaient été freinés par des contraintes techniques et financières. Aujourd’hui, grâce à l’expertise d’Akrake Petroleum et au déploiement de la plateforme jack-up Borr Gerd, le premier des trois puits prévus dans cette campagne est en cours de forage, marquant le début d’une nouvelle phase d’exploitation.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse, comme l’a souligné le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines d’alors, Samou Seidou Adambi, lors de l’inauguration d’une infrastructure électrique à Sèmè-Podji le 24 octobre 2024. Selon lui, le Bénin est en passe de devenir un producteur et exportateur de pétrole brut dès 2025. Ce retour à l’exploitation pétrolière s’accompagne d’un renforcement des infrastructures énergétiques, illustré par le poste de transformation électrique de 161/63/15 kV récemment mis en service. Cette installation soutient non seulement la zone industrielle de Sèmè-Podji, mais également les régions environnantes, créant une synergie entre les secteurs pétrolier et électrique.
L’impact économique de ce projet est considérable. La relance du champ de Sèmè devrait générer des revenus substantiels grâce à l’exportation de pétrole brut, tout en créant des emplois et en stimulant l’économie locale. Le contrat de partage de production, évoqué lors des discussions avec South Atlantic Petroleum (Sapetro) en 2013, pourrait servir de modèle pour les accords actuels, garantissant une répartition équitable des bénéfices entre l’État béninois et les opérateurs étrangers.
Cependant, des défis subsistent, notamment en termes de gestion environnementale et de transparence dans la gouvernance des ressources pétrolières, pour éviter les écueils observés dans d’autres pays producteurs.
Le réaménagement du champ de Sèmè symbolise également l’aboutissement de huit années d’efforts pour repositionner le Bénin sur la scène énergétique régionale. En combinant l’exploitation pétrolière avec le développement d’infrastructures électriques, le pays vise à assurer une croissance durable et à réduire sa dépendance énergétique. Ce projet pourrait également attirer d’autres investisseurs étrangers, renforçant la position du Bénin comme hub économique en Afrique de l’Ouest.
Ce forage du champ de Sèmè marque l’aube d’une nouvelle ère pour le Bénin. Si les défis techniques et environnementaux sont relevés avec succès, ce projet pourrait transformer l’économie nationale et ouvrir la voie à une exploitation pétrolière durable.

