Le Bénin relance la restitution par la France de 35 trésors culturels
Le Bénin poursuit avec détermination sa campagne de récupération de son patrimoine colonial. Lors de l’entretien du 5 octobre 2026 à l’Élysée entre le président Romuald Wadagni et Emmanuel Macron, Cotonou a officiellement réclamé la restitution de 35 nouveaux biens culturels conservés en France.
Parmi ces pièces figurent des objets emblématiques : la statue du dieu Gou, divinité du fer et de la guerre saisie en 1892 lors de la conquête du Dahomey et aujourd’hui au Louvre ; un plateau de divination en bois sculpté et le trône du roi Toffa de Porto-Novo, tous deux conservés au musée du Quai Branly. Ces demandes s’appuient sur un travail rigoureux mené depuis juillet 2026 par le Comité scientifique national, présidé par Alain Godonou, chargé d’étayer les arguments historiques, patrimoniaux et juridiques.
Cette nouvelle phase intervient dans un contexte juridique plus favorable. En mai 2026, le Parlement français a adopté une loi-cadre facilitant la restitution de biens culturels acquis de manière illicite. Le texte prévoit notamment la création de commissions scientifiques conjointes et une procédure accélérée pour sortir les œuvres des collections publiques.
Le Bénin avait déjà obtenu en novembre 2021 la restitution de 26 trésors royaux d’Abomey, dont les célèbres statues des rois Ghézo et Béhanzin. Cette première victoire avait marqué un tournant. Aujourd’hui, Cotonou élargit son action aux archives et aux 35 nouvelles pièces, dans une logique de réparation historique et de reconstitution de la mémoire nationale.
Au-delà du symbole, cette démarche s’inscrit dans un mouvement africain plus large de décolonisation culturelle. En s’appuyant sur la science et le droit, le Bénin montre qu’il ne s’agit plus seulement de revendications émotionnelles, mais d’un processus structuré et légitime.

