L’Afrique se positionne dans la révolution de l’IA pour assurer son développement
Dans le cadre de l’Ethio Tech Expo (ETEX) 2025, la Commission de l’Union africaine (UA), en collaboration avec le gouvernement éthiopien et l’Institut d’études de sécurité, a organisé un dialogue politique de haut niveau sur l’intelligence artificielle (IA) le 19 mai 2025. Rassemblant des leaders de 40 pays africains, cet événement, intitulé « Tirer parti de l’IA pour la prospérité et la collaboration de l’Afrique », a exploré comment l’IA peut accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et des Objectifs de développement durable.
Ouvert par S.E. Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, le dialogue a mis en avant une vision ambitieuse : faire de l’Afrique un acteur clé de l’innovation en IA. « Nous refusons d’être de simples consommateurs d’innovations importées. Nous voulons façonner l’IA pour répondre à nos défis », a-t-il affirmé. S.E. Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’UA, a plaidé pour des investissements dans des infrastructures numériques durables et des modèles d’IA éthiques, ancrés dans la richesse culturelle et linguistique africaine.
Les débats ont révélé des obstacles majeurs : une capacité de calcul limitée à 1 % du total mondial, un vivier de talents en IA ne représentant que 3 % à l’échelle globale et une concentration des financements dans quelques pays comme le Nigéria et l’Afrique du Sud. S.E. Lerato D. Mataboge, Commissaire de l’UA, a appelé à une adoption inclusive de l’IA pour éviter d’aggraver la fracture numérique, tout en soulignant le dynamisme des startups africaines dans des secteurs comme la santé et l’agriculture.
Des panels internationaux, avec des experts du Sénégal, du Royaume-Uni ou encore de Meta, ont partagé des perspectives sur la gouvernance et la coopération mondiale en IA. Le communiqué final a érigé l’IA en priorité stratégique, engageant l’UA à développer des infrastructures, des compétences et des réglementations agiles pour un développement éthique de l’IA.
Une exposition d’innovations locales a mis en lumière le potentiel technologique africain. Ce dialogue, qui se prolongera lors du Sommet de l’UA en février 2026, marque un tournant pour une Afrique innovante, prête à tirer parti de l’IA pour un avenir prospère et inclusif.

