La Commission Béninoise des Droits de l’Homme publie un bilan nuancé du double scrutin du 11 janvier 2026.

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Dans sa déclaration officielle sur le monitoring des élections législatives et communales couplées, la CBDH salue globalement un processus déroulé sans violence majeure et dans un climat majoritairement calme. Elle souligne plusieurs avancées significatives en matière de respect des droits humains.

Parmi les points positifs relevés : la liberté de la presse et d’information a été effective tout au long du processus ; la liberté de réunion et d’association a permis des meetings et campagnes sans entrave majeure ; le droit à la sécurité et à l’intégrité physique a été assuré par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), présentes et majoritairement bienveillantes (99,02 % des cas observés) ; le vote libre et secret a prévalu dans la plupart des bureaux ; enfin, l’observation électorale a été pleinement respectée, permettant à la CBDH de déployer 164 moniteurs (dont 43 femmes) couvrant 14 % des 17 749 postes de vote nationaux.

Cependant, le rapport pointe plusieurs manquements sérieux. Les retards d’ouverture des bureaux de vote ont touché 19,65 % des sites observés, avec des cas extrêmes dans l’Atlantique et le Littoral (jusqu’à plus de 9 heures de retard, comme à Godomey où un poste a ouvert à 16h16). Ces retards, souvent dus à des problèmes logistiques de distribution du matériel, ont entraîné des fermetures tardives (parfois jusqu’à 2h16 le lendemain) et des restrictions potentielles du droit de vote.

D’autres irrégularités incluent : un défaut d’authentification des bulletins dans 2,23 % des cas ; des manques de matériel (isoloirs, registres, bulletins) dans 1,08 % des postes ; des interruptions de dépouillement (31,76 %) ; une accessibilité insuffisante pour les personnes handicapées et âgées dans 3,72 % des bureaux (absence de rampes, urnes en hauteur) ; et surtout, la non-effectivité du vote des détenus non condamnés, en violation de la présomption d’innocence et des normes internationales.

La CBDH note également une faible participation des femmes à la présidence des bureaux (19,04 %) malgré leur présence comme assesseures, et une représentation limitée des personnes handicapées. La Commission a activement contribué à corriger certaines violations sur le terrain (aide au démarrage, délocalisation de postes, respect de l’authentification). Elle formule des recommandations claires au Gouvernement : enquêter sur les retards et fraudes, sanctionner les responsables, améliorer l’accessibilité et garantir le vote des prévenus.

Enfin, la CBDH annonce poursuivre son plaidoyer pour plus de moniteurs, une meilleure inclusion des personnes vulnérables et un dialogue avec les partis politiques sur les allégations d’exclusion et d’intimidations. Ce rapport équilibré appelle à des améliorations concrètes pour renforcer la démocratie inclusive au Bénin.

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Modeste Dossou

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