Élections générales 2026 au Bénin : La CBDH lance son mécanisme de monitoring des droits de l’Homme
Le président de la Commission béninoise des droits de l’Homme (CBDH), Abou-Bakari Imorou, lors d’une conférence de presse tenue mercredi, a officiellement lancé le mécanisme national de monitoring des droits de l’Homme dans le cadre des élections générales de 2026, une première historique pour le Bénin. Couplées pour la première fois, ces élections verront les législatives et communales organisées le 11 janvier 2026, suivies du premier tour de la présidentielle le 12 avril 2026.
S’appuyant sur son mandat défini par les lois n° 2012-36 et n° 2024-22, ainsi que sur les standards internationaux (Déclaration universelle des droits de l’Homme, Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Principes de Paris), la CBDH déploiera un dispositif en trois phases : avant, pendant et après le scrutin. Objectif : garantir le respect des libertés d’expression, de réunion, d’association et de presse, prévenir les violences électorales et assurer l’accès effectif au vote des personnes vulnérables (handicapées, âgées, femmes enceintes, primo-votants).
Concrètement, 164 moniteurs seront déployés dans les 77 communes du pays. Une salle de situation électorale sera opérationnelle au siège de la CBDH pour centraliser les alertes en temps réel le jour du scrutin et le lendemain. L’institution suivra également les conditions de détention des personnes éventuellement interpellées et publiera, après le scrutin, un rapport indépendant avec constats, analyses et recommandations.
Le président de la CBDH a salué les avancées pré-électorales : mise à disposition d’un budget dédié par l’État, élaboration d’un chronogramme clair par le Sénat et invitation régulière de la Commission aux réunions de concertation. Il a néanmoins relevé plusieurs défis : sécurisation du scrutin, accessibilité des bureaux de vote, intégrité des données, continuité des services internet et téléphoniques le jour J. Plusieurs recommandations fortes ont été faites aux différentes institutions impliquées de près ou de loin dans les élections générales. A la CENA : respecter strictement le calendrier et sécuriser le matériel sensible ; aux opérateurs télécoms et à l’ARCEP : garantir la continuité d’internet et des réseaux ; aux forces de sécurité : adopter une posture républicaine et professionnelle ; aux partis politiques : bannir tout discours belliqueux et cultiver la tolérance ; à la presse et aux réseaux sociaux : lutter contre les infox et promouvoir la paix.
À l’issue de la conférence, la CBDH a immédiatement tenu une rencontre avec les représentants de tous les partis politiques, marquant le début concret de son dialogue institutionnel. Un numéro vert (229 01 68 00 58 58) a été mis en place pour recevoir les plaintes liées aux violations des droits de l’Homme dès janvier 2026. « Le respect des droits de l’Homme est la condition sine qua non de la crédibilité des élections », a conclu Abou-Bakari Imorou, appelant tous les acteurs à faire des élections générales 2026 un modèle de paix et d’inclusion démocratique.

