Création d’un Sénat au Bénin : Aké Natondé parle de formaliser la sagesse et favoriser l’équilibre institutionnel

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Le Bénin s’apprête à franchir un cap historique avec la proposition de loi portant révision de la Constitution, visant à instituer un Sénat. Cette initiative, défendue par l’honorable Aké Natondé, vise, selon lui, à combler un vide institutionnel persistant depuis la Conférence des forces vives de la nation en 1990, qui avait opté pour un système monocaméral.

Dans une interview avec la chaîne E-télé, le député explique que plus de 30 ans d’expérimentation du modèle démocratique béninois ont révélé des dysfonctionnements, corrigés jusqu’alors par des mécanismes informels qu’il est important de formaliser.

Selon Aké Natondé, l’absence d’une chambre haute a souvent conduit à solliciter les anciens dirigeants – présidents de la République, de l’Assemblée nationale ou de la Cour constitutionnelle – lors de crises. Ces interventions, bien que fructueuses, restent informelles. « Ce qui est informel et qui donne de bons résultats, lorsqu’il est formalisé, donne de meilleurs résultats », argue-t-il. Le Sénat permettra ainsi de regrouper ces expériences accumulées pour veiller en permanence à la paix et à la stabilité, conditions sine qua non du développement.

Cette réforme s’inscrit dans le sillage de la 9e législature, marquée par de grandes avancées institutionnelles. Les conditions étant réunies, il s’agit d’équilibrer les pouvoirs en créant une chambre haute dédiée à l’apaisement des tensions, à la proposition de solutions sécuritaires et à la résolution des défis nationaux. Le Sénat ne se limitera pas à un rôle consultatif : il assurera l’équilibre des forces et préviendra les crises plutôt que de les gérer a posteriori.

Des recherches sur le contexte béninois confirment cette évolution. Depuis 1990, le système monocaméral a fonctionné, mais des épisodes comme les crises post-électorales (2019, 2021) ont mis en lumière la nécessité d’un contre-pouvoir sage. Inspiré de modèles bicaméraux africains (Sénégal, Afrique du Sud), ce Sénat intégrera probablement des sages et anciens, renforçant la démocratie participative. Adoptée en première lecture à l’Assemblée en octobre 2025, la loi attend un référendum ou une majorité qualifiée.

Au-delà de la formalisation, cette institution symbolise la maturité démocratique du Bénin. En tirant les leçons de trois décennies, elle vise une stabilité durable face aux menaces sécuritaires régionales. Le Sénat pourrait ainsi devenir le gardien de la paix, transformant l’expérience informelle en pilier constitutionnel.

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Modeste Dossou

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