Cotonou – Gare routière à Houéyiho 1 : entre débats et espoirs, Luc Atrokpo discute avec les riverains
Le mercredi 28 mai 2025, le maire de Cotonou, Luc Atrokpo, a rencontré les riverains du quartier Houéyiho 1, dans le 11e arrondissement, pour officialiser un projet municipal ambitieux : la construction d’une gare routière moderne. Ce projet, qui vise à améliorer la mobilité urbaine et à résoudre des problèmes environnementaux comme les inondations, implique la déclaration d’utilité publique d’environ 12 hectares de terrain, impactant près de 400 parcelles bâties et non bâties, selon Badona, média de fact-checking.
Lors de cette rencontre, le maire a souligné l’importance de ce projet structurant pour Cotonou, la capitale économique du Bénin. « Nous avons besoin de projets qui transforment la ville. Cette gare routière sera une référence pour Cotonou », a-t-il déclaré. Il a précisé que l’initiative ne se limite pas à faciliter les transports, mais vise également à réduire les inondations, un fléau récurrent dans la ville. Cependant, la superficie exacte dédiée à la gare reste à déterminer, des études étant encore en cours pour définir ses caractéristiques précises.
Gatien Adjagboni, 2e adjoint au maire, a nuancé l’ampleur du projet, indiquant que les 12 hectares déclarés d’utilité publique incluent des réserves publiques. « La libération des domaines publics ne signifie pas forcément une reconstruction. Certaines zones seront préservées pour lutter contre les inondations, car elles ne sont pas constructibles », a-t-il expliqué. Il a également laissé entendre que la gare pourrait occuper moins d’espace que prévu, avec des zones réservées pour des espaces verts ou des mesures anti-inondation.
Face aux inquiétudes des riverains, le maire a tenu à rassurer : aucune destruction massive de maisons n’est envisagée. « Nous privilégierons l’utilisation des domaines publics disponibles. Si, exceptionnellement, des parcelles privées devaient être concernées, des discussions seraient menées avec les propriétaires », a-t-il assuré. Cette promesse intervient après des tensions : en février 2025, un collectif de propriétaires et présumés propriétaires de parcelles à Houéyiho 1 s’était formé pour contester le projet. Dans une lettre adressée au maire, le collectif dénonçait une « atteinte grave » à leurs droits fonciers, pointant l’absence de consultation préalable, contrairement aux exigences du décret n° 2015-013 du 29 janvier 2015 sur l’expropriation pour cause d’utilité publique.
Le collectif critiquait également la « disproportion » du projet, estimant que les 15 hectares initialement mentionnés (contre 12 annoncés lors de la rencontre) dépassaient les besoins d’une gare routière standard. Les propriétaires craignaient des déplacements forcés et des pertes financières importantes. Joseph Sourou Setemèdé, président du collectif, a toutefois salué l’initiative du maire de dialoguer. « La démarche initiale était biaisée, mais cette rencontre marque un tournant. Nous sommes prêts à contribuer au développement de Cotonou, à condition que l’humain reste au centre », a-t-il déclaré.
Pour maintenir ce dialogue, Luc Atrokpo a promis des rencontres régulières avec les riverains afin d’assurer une transparence dans l’avancement du projet. Cette approche vise à apaiser les tensions et à impliquer les habitants dans un projet qui, selon la mairie, doit bénéficier à l’ensemble de la ville tout en respectant les droits des riverains.
Ce projet de gare routière, s’il est bien conduit, pourrait transformer la mobilité à Cotonou tout en répondant aux défis environnementaux. Cependant, son succès dépendra de la capacité de la mairie à concilier ambitions urbaines et préoccupations des habitants, dans un contexte où la confiance reste à consolider.

