Côte d’Ivoire – Simone Gbagbo et Jean-Louis Billon : les derniers remparts de l’opposition face à Ouattara
À l’approche de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, l’opposition se trouve dans une position délicate face à Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat controversé. Avec l’exclusion de figures majeures comme Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, Simone Gbagbo et Jean-Louis Billon émergent comme les principaux espoirs de l’opposition pour défier le président sortant et son puissant Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).
Simone Gbagbo, ancienne Première dame et leader du Mouvement des Générations Capables (MGC), porte une voix de rupture avec le passé, y compris celui de son ex-mari, Laurent Gbagbo. Amnistiée en 2018, elle critique vivement la gestion électorale et les dérives autoritaires prêtées à Ouattara. Cependant, son influence reste limitée par une base électorale étroite, et son refus de rejoindre la coalition CAP-CI, qui cherche à unifier l’opposition, affaiblit ses chances de fédérer. Malgré son charisme et son discours souverainiste, elle peine à incarner une alternative crédible face à l’appareil bien huilé du RHDP.
Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce et candidat du Congrès Démocratique (CODE), représente une option plus modérée. Issu du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il s’est distancé de Tidjane Thiam, mais son manque de soutien de ce dernier fragilise sa campagne. Billon mise sur une image de modernité et son expérience ministérielle, mais les divisions au sein du PDCI limitent son impact.
Face à un Ouattara soutenu par une économie en croissance et une machine politique rodée, l’opposition apparaît fragmentée. Ni Gbagbo ni Billon ne semblent capables de surmonter leurs handicaps structurels pour inquiéter sérieusement le président. La clé d’un scrutin compétitif réside dans une unification improbable de l’opposition, sans laquelle Ouattara reste le grand favori.
Il va donc falloir, pour Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, prendre une décision pour éviter un retour de Ouattara au pouvoir avec le même système qu’ils dénoncent. Le plus probable dans ce cas de figure est que la coalition formée par les partis des deux personnalités, décide de réunir d’autres partis avec elle pour soutenir un des deux candidats afin d’espérer un scrutin égalitaire.

