Communales et législatives 2026 : la Société Civile livre ses observations
Les élections législatives et communales couplées du 11 janvier 2026 au Bénin ont marqué un tournant dans l’histoire politique du pays, sous l’ombre de réformes profondes qui ont remodelé le paysage partisan et électoral. Dans un climat de tensions entre acteurs politiques, la Plateforme Électorale des Organisations de la Société Civile (PEOSC), coordonnée par WANEP-Bénin, a déployé 1200 observateurs pour veiller à des scrutins inclusifs, transparents et apaisés. Dans sa déclaration finale préliminaire la PEOSC révèle un bilan mitigé, entre sérénité globale et défis logistiques persistants.
Le cadre légal, ancré dans la Constitution révisée et le Code électoral modifié en 2024, a encadré ces élections. Des institutions comme la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) et la Cour Constitutionnelle ont joué des rôles pivots. La liste électorale informatisée comptait 7,8 millions d’inscrits, avec une légère majorité féminine. Cinq partis pour les législatives et trois pour les communales ont été validés, après un processus de candidatures rigoureux. La campagne, du 26 décembre 2025 au 9 janvier 2026, s’est déroulée sans heurts majeurs, bien que réglementée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication pour un accès équitable aux médias.
Les observations de la PEOSC soulignent une ouverture tardive dans 41 pour cent des postes de vote, avec des cas extrêmes comme à Cotonou où certains n’ont démarré qu’après 14 heures. Néanmoins, 92 pour cent des postes avaient leurs cinq membres présents, dont près de 30 pour cent de femmes présidentes. Le matériel électoral était disponible à 96 pour cent, et les procédures d’identification des bulletins respectées à 99 pour cent. La sécurité était assurée sans intimidation dans 87 pour cent des cas, et l’ambiance générale pacifique dans 97 pour cent des postes, malgré des mécontentements liés à des noms absents sur les listes.
Le déroulement des scrutins a été fluide : 96 pour cent sans problèmes d’identification, et un accès facilité pour les personnes vulnérables. Les délégués des partis étaient présents dans plus de la moitié des postes. La clôture a respecté la durée légale de dix heures dans 95 pour cent des cas, avec un dépouillement public et ininterrompu à 99 pour cent. Des incidents mineurs, comme des achats de consciences ou des refus de vote pour des électeurs en file, ont été signalés, mais gérés sans escalade. La salle de situation électorale a alerté sur les risques liés aux retards, tels que l’absence d’éclairage lors du dépouillement.
La participation varie selon les scrutins, avec une préférence apparente pour les législatives, et des disparités départementales. La chambre de vérification des faits a démenti des rumeurs, comme une chute du chômage à zéro ou la fermeture effective des frontières.
Globalement, les scrutins ont été pacifiques, mais marqués par des retards et des défauts d’affichage des résultats. La PEOSC recommande à la CENA d’améliorer la disponibilité du matériel, à l’ANIP d’actualiser les listes, et aux partis de recourir aux voies légales. Aux forces de sécurité, de maintenir la vigilance ; à la presse, de respecter l’éthique ; et aux citoyens, de veiller à la paix. Remerciant ses partenaires, la PEOSC annonce un rapport détaillé pour consolider cette veille citoyenne.

