Bénin : Romuald Wadagni officiellement investi candidat de Renaissance Nationale pour la présidentielle 2026
Dans une atmosphère solennelle, le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a été officiellement désigné ce samedi, comme candidat du parti Renaissance Nationale (RN) à l’élection présidentielle d’avril 2026. Cette étape marque un jalon clé dans la consolidation de son soutien au sein de la mouvance présidentielle, à moins de sept mois du scrutin.
La rencontre, tenue en soirée au siège du RN à Cotonou, a réuni les responsables du parti dirigé par Claudine Prudencio. Devant un parterre de militants et de cadres, la présidente du RN a solennellement investi Wadagni, soulignant l’engagement « indéfectible » de la formation politique en sa faveur. « Votre candidature n’est pas seulement un choix stratégique. Elle est un choix de conviction, un choix de fidélité et un choix naturel », a déclaré Claudine Prudencio, évoquant la trajectoire du candidat comme un atout pour le renouveau du Bénin.

Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni, technocrate chevronné et proche collaborateur du président Patrice Talon depuis 2016, avait déjà été désigné fin août comme candidat unique de la coalition au pouvoir, regroupant notamment l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), les deux plus grands partis de la mouvance.
Diplômé de la Harvard Business School et de l’université de Grenoble, il a bâti sa réputation sur des réformes économiques majeures : réduction du déficit budgétaire sous la barre des 3 %, un record dans l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), émission du premier Eurobond « Objectifs de Développement Durable » d’Afrique subsaharienne en 2025, et une levée record d’un milliard de dollars sur les marchés internationaux. Associé aux décisions en matière de défense face aux menaces jihadistes au Nord, Wadagni incarne la continuité des politiques talonniennes tout en promettant un « renouveau générationnel ».
Conscient de l’importance de cette désignation, Wadagni s’est rendu au siège du RN pour des échanges stratégiques, affirmant sa détermination à bâtir une « victoire écrasante » en avril 2026. « Je suis honoré par cette confiance et conscient des défis qui nous attendent. Ensemble, nous poursuivrons les réformes pour un Bénin prospère et uni », a-t-il déclaré à l’issue de la cérémonie.
Cette investiture s’inscrit dans une série de rencontres initiées par le candidat pour consolider ses alliances au sein de la mouvance. En tant que technocrate, Wadagni mise sur le soutien politique des partis alliés pour compenser son profil non partisan et répondre aux attentes sociales des Béninois, notamment en matière d’emploi, d’éducation et de sécurité. Une cérémonie d’investiture plus large du duo Wadagni-Mariam Chabi Talata, vice-présidente de la République et colistière désignée, est d’ores et déjà annoncée pour octobre prochain.
L’opposition, emmenée par Les Démocrates de l’ancien président Thomas Boni Yayi, a réagi avec scepticisme, réclamant la démission immédiate de Wadagni de son poste ministériel pour respecter les principes d’équité électorale. Des ralliements inattendus, comme celui du député Léon Basile Ahosssi, membre des Démocrates, témoignent toutefois d’une dynamique d’unité nationale autour du candidat, rare dans le paysage politique béninois.
À l’approche du premier tour le 12 avril 2026, cette officialisation renforce la position de Wadagni comme favori, dans un contexte où le président Talon, après deux mandats, s’engage à une transition ordonnée. Le RN, par ce geste, réaffirme son rôle pivotal dans l’échiquier politique, contribuant à une campagne qui s’annonce comme un duel par procuration entre l’héritage talonnien et les aspirations d’un renouveau.

