Bénin : Patrice Talon fait de nouvelles révélations sur la tentative de coup d’État déjouée

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Onze jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri depuis le camp militaire de Togbin, le président Patrice Talon s’est exprimé devant la presse. Il a révélé des échanges téléphoniques directs avec le putschiste en fuite et insisté sur le caractère limité de cette mutinerie, rapidement maîtrisée grâce à la loyauté de l’armée.

« Pour ne rien vous cacher, à un moment, nous avons eu Tigri au téléphone. Nous lui avons dit : “C’est de la folie ce que tu fais” », a confié le chef de l’État. Tigri aurait même demandé aux forces loyalistes de ne pas procéder à des bombardements alors que les mutins étaient retranchés.

Patrice Talon a minimisé l’implication de l’armée : « Ce n’est pas la Garde Nationale qui a opéré l’attaque… ce n’est ni le commandement, ni le sous-commandement… ce sont quelques égarés, manipulés par des nostalgiques et des jaloux ». Selon lui, « les vrais auteurs de l’attaque étaient au plus au nombre de 15 ou 20 ». Il a précisé que « tous les retranchés dans le camp de Togbin ne sont pas associés aux mutins. Il y avait beaucoup de jeunes soldats en formation qu’ils ont embarqués ».

Sur la fuite des putschistes, le président a décrit : « Au premier assaut, certains soldats se sont habillés en civil et ont pris la fuite à moto. D’autres ont escaladé le mur. » Tigri aurait quitté le camp en civil, à bord d’un véhicule. « Nous n’avons pas lancé une course poursuite afin d’éviter des morts car ils étaient armés », a-t-il expliqué, ajoutant que « la preuve, certains mutins ont abandonné les armes qu’ils détenaient dans les bas-fonds à Togbin ».

Le président a salué la fidélité des forces armées : « Toutes les unités de l’armée ont fait allégeance à la Garde Républicaine et ont demandé l’attitude à tenir ». La cohésion reste intacte, a-t-il réaffirmé, qualifiant les mutins de « voyous » et « petits terroristes » encouragés par des acteurs politiques marginaux et des soutiens extérieurs non identifiés.

Patrice Talon a condamné les soutiens publics au putsch sur les réseaux sociaux : « Se réjouir d’un crime est condamnable. On ne peut pas applaudir publiquement un crime ».

Cette mutinerie, déjouée avec l’appui nigérian, est la première tentative sérieuse depuis des décennies, à quelques mois de la présidentielle d’avril 2026 marquant la fin du mandat de Talon. Tigri reste en fuite, probablement dans un pays voisin du Bénin, selon certaines informations.

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Modeste Dossou

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