Bénin – Malanville : quand l’armée panse les plaies des troupeaux peulhs pour mieux protéger le nord
Du 18 au 20 novembre 2025, les vétérinaires militaires des Forces armées béninoises sillonnent les campements peulhs de Guéné et des environs de Malanville dans une opération d’assistance vétérinaire gratuite d’une ampleur inédite. Organisée par la Direction de la Participation des Armées au Développement et aux Tâches d’Intérêt Public (DPADTIP), cette campagne en cours a déjà permis de traiter plusieurs dizaines de milliers de bovins contre la trypanosomose, de les déparasiter et de leur administrer des complexes vitaminiques.
À la tête des équipes, le Lieutenant-Colonel vétérinaire TASSO Abdul Wassirou et ses hommes ont parcouru les pistes poussiéreuses pour atteindre les éleveurs transhumants, souvent installés à proximité immédiate des frontières nord. Pour ces communautés peulh, le bœuf est le cœur battant de leur identité. Voir des militaires en treillis soigner leurs animaux a provoqué une émotion palpable.
« Nous n’avions jamais vu ça », témoigne MOHAMADOU Aboubacar, chef de campement. « Les soldats ne viennent plus seulement pour demander des renseignements ; ils viennent aussi pour nous aider. Cela nous rassure et nous donne envie de collaborer davantage. » Un autre éleveur renchérit : « Sans sécurité, pas d’élevage. Nous sommes prêts à signaler tout ce qui est suspect si l’armée continue à nous considérer comme des citoyens à part entière. »
Pour le chef d’escadron Acquilas AGOSSOUKPE, représentant le directeur de la DPADTIP, le message est clair : « Dans la lutte contre le terrorisme, chaque habitant du nord est un allié potentiel. Prendre soin de son cheptel, c’est lui permettre de vivre dignement, c’est créer les conditions d’une coopération durable. »
En soignant les troupeaux, l’armée soigne aussi les cœurs et tisse un réseau de confiance indispensable dans une zone où les groupes djihadistes cherchent à recruter ou à intimider les populations pastorales. Cette opération civile-militaire s’inscrit d’ailleurs en parfaite complémentarité avec l’opération militaire Mirador, déployée depuis plusieurs années dans les départements de l’Alibori et de l’Atacora pour traquer les groupes terroristes, sécuriser les frontières et protéger les populations. Preuve que, au Bénin, la réponse à la menace extrémiste est à la fois ferme sur le plan militaire et profondément humaine sur le terrain social.

