Bénin : l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le budget 2026, dernier acte financier du mandat Talon
Les députés béninois ont voté jeudi, sans aucune voix contraire, la loi de finances pour l’exercice 2026. Présenté comme un « budget de consolidation économique et sociale », ce texte s’équilibre à 3 783,984 milliards de francs CFA, soit une hausse de 6,6 % par rapport aux 3 551,01 milliards de l’année 2025.
Adopté au Palais des Gouverneurs en présence du ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, et de trois autres membres du gouvernement, ce budget revêt une dimension particulière : il sera le dernier du second mandat du président Patrice Talon, qui prendra fin en avril 2026. Il est donc conçu comme un pont entre l’actuel exécutif et le futur régime, quel qu’il soit.
Aucun nouvel impôt n’a été créé, une nouvelle qui rassure les milieux économiques et les ménages. Le gouvernement mise plutôt sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la digitalisation accélérée des procédures douanières et fiscales, le renforcement de la lutte contre la fraude et l’évasion, ainsi que l’amélioration du recouvrement. Des mesures qui doivent permettre de financer les ambitions sans alourdir la pression fiscale.
Plus de 42 % des crédits sont fléchés vers des dépenses à forte sensibilité sociale : éducation, santé, eau potable, protection sociale et soutien aux plus vulnérables. Les grands chantiers d’infrastructures (routes, énergie, zones économiques spéciales) restent également prioritaires afin de soutenir la transformation structurelle du pays.
Sur le plan macroéconomique, le gouvernement table sur une croissance robuste de 7,5 % en 2026 et une inflation maîtrisée autour de 2 %, dans la droite ligne des performances récentes du Bénin, régulièrement saluées par le FMI et la Banque mondiale.
En votant à l’unanimité ce texte, les députés – y compris ceux de l’opposition – ont témoigné d’un rare consensus autour des orientations budgétaires du pays. Un signal fort à cinq mois de l’élection présidentielle, alors que le Bénin s’apprête à tourner une page de son histoire politique contemporaine.

